Transcription
Le 14 Novembre 1944
Le 14 Novembre 1944
Bien chère Marraine,
J’ai bien reçu votre lettre datée du 24 octobre. Je suis très heureux de recevoir de vos bonnes nouvelles. J’espère que la santé est bonne.
Quant á moi, cela va tout doucement, car j’ai passé de durs moments à Morlaix. J’ai de la chance de n’avoir pas été tué par les balles de mitrailleuses des gendarmes et FFI qui ont ouvert le feu sur nous durant la nuit.
Personne ne savait rien du tout. Tout le monde était couché dans une accorderie sur la paille. Vers 4 heures du matin, un de nos camarades qui s’était levé pour faire pipi, nous a dit, en rentrant, qu’il y avait, tout autour de l’accorderie, plus de 100 gendarmes et FFI. A peine 5 minutes après, il y avait un capitaine et un comm….
Le capitaine donna l’ordre á ses hommes de rentrer vers nous. Aussitôt, il commanda:”Feu” sans aucune raison. 7 (plusieurs) de nos camarades blessés, ainsi qu’un gendarme.
Il y a plus de 10 jours que étions à Morlaix. Ils nous avaient dit d’embarquer sur le bateau, mais nous ne voulions pas partir sans paiement auparavant. Maintenant ils nous gardent comme des prisonniers de guerre. Nous couchons par terre, il fait froid, pas de couverture. Et c’est les FFI qui nous gardent! Nous sommes plus de 350, au milieu de fil de fer barbelés.
C’est bien pour la France. Elle nous regarde, même chose, rien du tout.
Bien de choses á Mr et Mme F, Mr et Mme M, et particulièrement grand-mere, Mr et Mme RM, et tous les gens de ..
Votre Filleul qui ne vous oubliera jamais.
André




